mercredi 9 septembre 2009

Je vous recommande vivement la lecture du dernier post de Paul Spudis sur son blog. C’est un blog que je lis toujours avec le plus vif intérêt. Certes, je partage l’enthousiasme de son auteur pour les « perspectives lunaires » (sans en être un expert, loin de là), mais je trouve surtout que les analyses qu’il nous livre offrent un recul et une perspective souvent différents, pragmatiques, et frappés au coin du bon sens.
Son dernier post ne fait donc pas exception.

Comme beaucoup il m’a toujours semblé absolument essentiel que l’opinion public embrasse la cause spatiale pour la faire avancer. A cela, sans doute deux raisons :
  • Premièrement, les agences gouvernementales qui restent aujourd’hui les principaux opérateurs de l’industrie spatiale sont, comme leur nom l’indique, gouvernementales, c'est-à-dire financées par le contribuable. Il semble donc naturellement préférable que ledit contribuable s’enthousiasme pour l’utilisation qui est faite de son argent. Sur ce point, quand on élargit un peu la perspective, on se rend compte que l’on fait du spatial une exception toute particulière, car les contribuables que nous sommes ne s’enthousiasment généralement pas pour les grands projets d’infrastructures, qui pourtant nous changent parfois la vie, pas plus qu’ils ne s’enthousiasment pour une quelconque autre utilisation qui est faite de l’impôt collecté.
  • La seconde raison est sans doute simplement qu'il y a bien longtemps, il y a 40-50 ans, oui le public s’est passionné pour le spatial. De Spoutnik aux premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, la première page de l’histoire de la conquête spatial a été une course palpitante. Une course idéologique entre deux mondes, celui de l’ouest et celui de l’est, entre le capitalisme et le communisme, entre le bien et le mal (chacun des deux camps se considérant naturellement comme celui du « Bien »). Une course qui s’est déroulée sous les projecteurs de l’industrie elle aussi naissante du média de masse. Ainsi, et tout particulièrement du point de vue américain, la course à l’espace, puis à la Lune, a pris des allures d’effort national, mobilisant un budget astronomique, créant plus de 400,000 emplois, et passionnant les foules ! C’était le temps des premières et des pionniers.
Aujourd’hui, les choses sont différentes. Le spatial fait partie de notre quotidien, au travers notamment des satellites, et il ne passionne plus le public. S’il ne passionne plus le public c’est également lié au fait que depuis bien longtemps nous n’avons pas vécu d’avancée majeur ET spectaculaire. A la lecture du blog de Paul Spudis, je réalise à quel point cette idée d’associer un large public à la conquête spatiale est passéiste. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est qu’une nouvelle génération d’étudiants voit dans le spatial une opportunité de recherche et de carrière, comme ce fut le cas il y a 10 ans avec l’internet, et les nouvelles technologies au sens large. En somme, nous n’avons pas besoin de faire des efforts démesurés (et vain) pour essayer de convaincre un large public que les milliards investis dans le spatial le sont à bon escient. Le risque serait d’ailleurs qu’à trop insister sur les besoins de financement, on donne l’impression que les budget alloués sont bien plus important qu’en réalité. Non, ce dont nous avons besoin, c’est de bâtir les fondations d’une réelle industrie spatiale, qui offrira des perspectives de recherche, et de carrière à une nouvelle génération, comme ce fut le cas pour l’internet il y a 10 ans.